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Coût de création d'une SASU en 2026 : le vrai budget

Coût de création d'une SASU en 2026 : le vrai budget

Créer une SASU coûte entre 200 et 250 € en formalités obligatoires (annonce légale + immatriculation + éventuel dépôt de statuts), auxquels s’ajoutent le capital social (à partir de 1 €) et, selon le mode de création choisi, entre 0 € (dossier fait seul) et 1 500 € (avocat). Le budget réaliste d’un créateur pressé qui délègue à une legaltech tourne autour de 350 à 600 € tout compris, hors capital.

Comprendre ce budget évite deux pièges classiques : sous-estimer les postes cachés (frais bancaires, comptable, assurance) et surpayer un accompagnement standardisé qu’une legaltech aurait facturé trois fois moins cher. Cet article détaille chaque ligne du budget, chiffre les options et signale les faux frais à éviter.

Le budget minimum incompressible

Trois postes sont obligatoires quel que soit votre mode de création. Ils constituent le socle de dépenses en dessous duquel personne ne descend.

1. L’annonce légale de constitution — 121 à 143 €

Toute création de société impose la publication d’un avis dans un journal d’annonces légales habilité. Depuis la réforme de 2021, le tarif est forfaitaire pour les SASU et non plus au caractère :

DépartementTarif forfaitaire 2026
Métropole (hors Réunion et Mayotte)121 € HT
Réunion, Mayotte143 € HT

Ce forfait couvre la publication en ligne obligatoire depuis 2022. Les journaux papier facturent parfois un supplément si vous demandez une parution imprimée, mais ce n’est plus une obligation légale.

2. Le dépôt du dossier au guichet unique — 37,45 €

L’immatriculation via le guichet unique de l’INPI (formalites.entreprises.gouv.fr) coûte 37,45 € HT pour une SASU commerciale, à régler par carte au moment du dépôt du dossier. Ce tarif englobe l’inscription au Registre national des entreprises (RNE), au Registre du commerce et des sociétés (RCS) et la publication au Bodacc.

Si votre SASU a une activité artisanale, le tarif reste dans la même fourchette (autour de 45 €), et il n’y a plus de démarche séparée auprès de la chambre des métiers depuis la disparition des CFE en 2023.

3. Le dépôt de capital social — 0 à 100 €

Le dépôt des fonds constituant le capital social sur un compte bloqué est gratuit dans la plupart des banques en ligne (Qonto, Shine, Blank, Anytime, Propulse) qui en font un produit d’appel. Les banques traditionnelles facturent en général 50 à 100 € pour cette prestation, souvent sous forme de frais d’ouverture de compte pro obligatoirement conditionnée.

Astuce budget : passer par une néobanque professionnelle pour le dépôt de capital, puis basculer vers votre banque définitive après immatriculation. Aucun engagement de rester chez elle.

Le coût selon le mode de création

Au-delà du socle obligatoire, le budget varie fortement selon le degré d’accompagnement. Quatre options se distinguent nettement.

Option 1 — Faire seul de A à Z : 160 à 260 €

Rédaction des statuts en autonomie à partir d’un modèle gratuit, publication de l’annonce légale, dépôt au guichet unique. Total réaliste :

  • Annonce légale : 121 €
  • Guichet unique : 37,45 €
  • Capital (compte bloqué en néobanque) : 0 €
  • Éventuel formulaire M0 et attestation de dépôt : 0 €

Budget : environ 160 €, hors capital social. Un modèle de statuts prêt à personnaliser figure dans notre guide dédié aux statuts de SASU — indispensable pour éviter les erreurs bloquantes au moment du dépôt.

Cette voie exige de la rigueur : les rejets de dossier au guichet unique se comptent en semaines de retard. Adapté aux créateurs qui ont le temps et une activité simple (prestation de services, conseil).

Option 2 — Legaltech en ligne : 200 à 400 €

Les plateformes type Legalstart, LegalPlace, Captain Contrat ou Simplitoo proposent des packs création à partir de 129 € HT (hors annonce légale, souvent facturée en supplément). Le budget total réel se situe entre 200 et 400 € selon le pack choisi.

Ce qu’elles incluent en général :

  • Génération des statuts à partir d’un questionnaire guidé
  • Publication de l’annonce légale
  • Dépôt du dossier au guichet unique
  • Suivi jusqu’à obtention du Kbis

Cette option représente le meilleur rapport qualité/prix pour la majorité des créateurs. Elle sécurise le juridique de base sans passer par un cabinet d’avocats.

Option 3 — Expert-comptable : 500 à 1 200 €

L’expert-comptable facture la création dans le cadre d’une mission plus large (comptabilité de la première année). Le forfait création tourne autour de 500 à 800 €, souvent intégré à un abonnement annuel. Certains cabinets offrent la création pour signer un contrat de tenue comptable à 100-150 € HT/mois.

Intérêt : cohérence entre les choix statutaires (régime fiscal, rémunération du président, dividendes) et la stratégie comptable et fiscale de la société. Ce point est loin d’être neutre — le choix entre dividendes et salaire impacte fortement la trésorerie disponible dès le premier exercice.

Option 4 — Avocat : 800 à 2 000 €

Rédaction sur-mesure des statuts, pacte d’associés en cas d’ouverture ultérieure du capital, montage optimisé pour une levée de fonds ou l’entrée d’investisseurs. Réservé aux projets à enjeu significatif : deep tech, société holding, structuration patrimoniale.

Les faux frais à éviter

Certains postes gonflent artificiellement les devis sans apporter de vraie valeur.

  • Le « pack tampon d’entreprise » vendu 30 à 80 € : totalement facultatif, aucun texte ne l’impose depuis 2015.
  • La domiciliation commerciale premium à 60-100 €/mois quand une domiciliation chez soi est possible (le président peut domicilier la SASU à son domicile personnel sans autorisation dans la plupart des cas).
  • L’« attestation de non-condamnation » facturée : c’est un simple document sur l’honneur que vous rédigez et signez seul, coût : 0 €.
  • La « garantie de dépôt » ou « assurance création » : produit d’appel sans utilité juridique réelle.
  • Le pack « site internet gratuit » offert par certaines legaltech : souvent un modèle vétuste vous engageant sur 12 mois d’hébergement à 25-40 €/mois.

Les coûts récurrents à anticiper dès la création

Le budget de création n’est qu’une partie du coût réel de votre SASU la première année.

PosteFourchette annuelleObligatoire ?
Comptabilité (expert-comptable)1 200 à 3 000 € HTNon, mais quasi indispensable
Compte bancaire professionnel100 à 500 €Oui (compte séparé exigé)
Assurance responsabilité civile pro150 à 800 €Non, mais recommandé
Dépôt annuel des comptes (INPI)21,45 €Oui
Éventuelle CFE (Cotisation Foncière)0 à 1 500 €Exonéré la 1re année
Rédaction du procès-verbal d’AGO annuelle0 à 200 €Oui

Ces frais récurrents pèsent bien plus lourd que la création elle-même. Une SASU coûte en moyenne 2 000 à 5 000 € par an à faire tourner, sans compter la rémunération du président ni les charges sociales associées qui atteignent environ 82 % du brut versé au dirigeant.

Comparatif express selon votre situation

  • Vous êtes seul, activité de conseil ou prestation intellectuelle : option legaltech (250-350 €) suffit largement.
  • Vous prévoyez de lever des fonds ou d’ouvrir le capital sous 18 mois : expert-comptable ou avocat (700-1 500 €), le juridique sera scruté par les investisseurs.
  • Vous hésitez encore entre plusieurs statuts : lisez d’abord notre comparatif SASU vs micro-entreprise — la micro-entreprise reste moins chère à créer (gratuit) et à faire tourner sous les seuils.
  • Budget serré, activité test : faire seul (160 €) et basculer vers une prestation comptable seulement si le chiffre d’affaires décolle.

Questions fréquentes

Le capital social minimum d’une SASU est-il vraiment de 1 € ?

Oui, aucun minimum n’est imposé depuis 2009. En pratique, un capital de 1 000 à 5 000 € est recommandé pour la crédibilité auprès des banques, fournisseurs et futurs investisseurs. Le capital reste à votre disposition dans la société une fois débloqué après immatriculation.

Peut-on récupérer la TVA sur les frais de création ?

Oui, si votre SASU est assujettie à la TVA. Les frais de création (annonce légale, honoraires legaltech, comptable, avocat) sont déductibles en TVA sur la première déclaration, à condition d’avoir des factures libellées au nom de la société une fois immatriculée. Concrètement, gardez toutes les factures et transmettez-les à votre comptable.

La création est-elle plus chère qu’une SARL ou une EURL ?

Non, les tarifs sont quasi identiques : annonce légale (121 €), guichet unique (37,45 €), dépôt de capital. La différence de coût entre SASU et EURL se joue surtout après la création, via le régime social (assimilé-salarié en SASU, TNS en EURL) et les honoraires comptables potentiellement légèrement supérieurs en SASU.

Combien de temps entre le paiement et l’obtention du Kbis ?

En moyenne 8 à 15 jours entre le dépôt complet du dossier au guichet unique et la réception du Kbis. Les délais peuvent grimper à 3-4 semaines en cas de rejet du dossier (statuts incomplets, pièces manquantes, siège social mal justifié). Passer par une legaltech ou un professionnel réduit significativement ce risque.

Existe-t-il des aides pour financer la création d’une SASU ?

Oui : l’ACRE (exonération partielle de charges sociales la première année sous conditions de ressources), les prêts d’honneur des réseaux Initiative France ou Réseau Entreprendre, la garantie France Active, et les aides régionales spécifiques. Ces dispositifs concernent surtout le financement du projet, pas les frais de création eux-mêmes qui restent modestes.


Chaque projet a ses spécificités : optimisation fiscale, régime du président, choix de la banque, dimension patrimoniale. Pour un cadrage précis avant de vous lancer, posez votre question à nos experts — un retour vous sera adressé sous 48 h.

Cet article est fourni à titre d’information générale et ne constitue pas un conseil personnalisé. Chaque situation étant spécifique, consultez un conseiller avant toute décision.

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