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Créer une SASU en 2026 : guide étape par étape et coûts

Créer une SASU en 2026 : guide étape par étape et coûts

Créer une SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) implique cinq étapes clés : rédaction des statuts, dépôt du capital social, publication d’une annonce légale, immatriculation via le guichet unique de l’INPI, obtention du Kbis. Compter 250 à 800 € de frais réels (hors accompagnement) et un délai moyen de 8 à 15 jours entre le dépôt du dossier et la réception du Kbis. Le président relève du régime général de la Sécurité sociale — un atout majeur qui distingue la SASU de l’EURL.

La SASU séduit chaque année des dizaines de milliers de créateurs français : simplicité de fonctionnement, souplesse statutaire, régime social protecteur, possibilité de faire entrer des associés à tout moment sans transformation. Elle n’est pourtant pas la solution universelle — son coût de gestion et sa fiscalité méritent d’être comparés à d’autres statuts avant de trancher. Ce guide expose la procédure complète, les points de vigilance et les arbitrages essentiels pour lancer votre société sereinement.

Pourquoi choisir la SASU ?

La SASU est la déclinaison unipersonnelle de la SAS. Elle réunit sous un statut souple les avantages d’une société commerciale à responsabilité limitée et d’un régime social protecteur pour son dirigeant.

Les atouts qui font la différence

  • Responsabilité limitée aux apports — le patrimoine personnel de l’associé unique est protégé, sauf faute de gestion ou caution personnelle.
  • Régime social du président assimilé-salarié — affiliation au régime général de la Sécurité sociale, avec les mêmes prestations qu’un salarié classique (maladie, maternité, retraite de base et complémentaire), à l’exclusion de l’assurance chômage.
  • Souplesse statutaire — les statuts fixent librement les règles de fonctionnement (nomination, révocation, prise de décision).
  • Évolutivité — passage en SAS pluripersonnelle par simple cession d’actions, sans transformation lourde. Idéal pour préparer une levée de fonds.
  • Choix fiscal — imposition à l’IS par défaut, option pour l’IR pendant 5 exercices sous conditions.

Les contreparties à connaître

  • Coût de gestion supérieur à la micro-entreprise : comptabilité complète, bilan annuel, obligations juridiques (approbation des comptes).
  • Charges sociales lourdes sur la rémunération — environ 82 % en charges patronales et salariales cumulées sur un salaire brut, contre 45 % en régime TNS.
  • Pas d’assurance chômage pour le président assimilé-salarié (sauf via un contrat privé de type GSC).
  • Contrainte comptable — recours quasi obligatoire à un expert-comptable, coût annuel de 1 200 à 3 000 € pour une petite SASU.

Le comparatif avec les autres statuts est traité en profondeur dans notre analyse du choix de statut juridique — SARL, SAS, EI ou micro-entreprise se choisissent selon le projet, le rythme d’activité et les besoins de protection.

Les 5 étapes de création détaillées

La création d’une SASU suit un enchaînement précis. Prévoir 2 à 4 semaines entre la décision et l’obtention du Kbis, selon la préparation du dossier.

Étape 1 — Rédiger les statuts

Les statuts sont l’acte fondateur de la société. Ils fixent son organisation, son fonctionnement et les règles de prise de décision. Douze mentions obligatoires :

  • Dénomination sociale, sigle éventuel, siège social.
  • Forme juridique (SASU) et objet social.
  • Durée (99 ans maximum, généralement fixée à 99 ans).
  • Montant du capital social et modalités de libération.
  • Nombre et valeur nominale des actions.
  • Identité de l’associé unique et du président.
  • Modalités de fonctionnement, de nomination et de révocation des dirigeants.
  • Modalités de prise des décisions unilatérales.
  • Modalités d’exercice social et d’approbation des comptes.
  • Modalités de transformation en SAS pluripersonnelle.
  • Dispositions relatives à la liquidation.

Trois options pour la rédaction : modèle gratuit en ligne (risqué si projet complexe), plateforme spécialisée (150 à 400 €), avocat ou expert-comptable (500 à 1 500 €). Pour un projet standard sans clauses particulières, une plateforme fiable suffit. Pour un projet impliquant des investisseurs, un actif à valoriser ou une gouvernance complexe, l’accompagnement professionnel est indispensable. Notre article dédié aux statuts de SASU et à leur rédaction détaille les douze mentions obligatoires et les pièges les plus fréquents.

Étape 2 — Déposer le capital social

Le capital social minimum d’une SASU est de 1 euro. Dans la pratique, un capital de 500 à 5 000 € est plus crédible auprès des partenaires (banque, fournisseurs). Il détermine aussi la répartition future en cas d’entrée d’associés. Le détail des règles applicables (montant recommandé selon l’activité, apports en numéraire ou en nature, libération à 50 % puis dans les 5 ans) est traité dans notre article dédié au capital social d’une SASU.

Les apports peuvent être en numéraire (somme d’argent) ou en nature (matériel, fonds de commerce, brevet). Les apports en numéraire sont déposés :

  • Sur un compte bancaire au nom de la société en formation (banque traditionnelle ou néobanque).
  • Chez un notaire — plus rare, réservé aux montages patrimoniaux.

Le dépositaire remet une attestation de dépôt des fonds, à joindre au dossier d’immatriculation. La libération est intégrale ou partielle : au moins 50 % des apports en numéraire doivent être libérés à la création, le solde dans les 5 ans.

Les apports en nature nécessitent l’intervention d’un commissaire aux apports, sauf si aucun apport en nature ne dépasse 30 000 € et si l’ensemble n’excède pas la moitié du capital social. Coût du commissaire : 800 à 3 000 € selon la complexité.

Étape 3 — Publier une annonce légale

L’annonce légale informe les tiers de la création de la société. Elle est publiée dans un journal habilité du département du siège social. Contenu obligatoire : dénomination, forme, capital, siège, objet, durée, identité du président.

Coût forfaitaire depuis 2021 : 138 € en France métropolitaine (162 € en Outre-mer, à confirmer selon les tarifs en vigueur). Un tarif unique remplace l’ancien calcul à la ligne. Après publication, le journal remet une attestation de parution à joindre au dossier.

Étape 4 — Immatriculer via le guichet unique

Depuis le 1er janvier 2023, toutes les démarches de création passent par le guichet unique de l’INPI (formalites.entreprises.gouv.fr). Ce portail centralise l’ensemble des formulaires et transmet le dossier aux organismes compétents (greffe, URSSAF, impôts, INSEE).

Pièces à fournir :

  • Statuts signés (version définitive).
  • Attestation de dépôt des fonds.
  • Attestation de parution dans le journal d’annonces légales.
  • Justificatif d’occupation des locaux (bail, contrat de domiciliation, attestation du propriétaire).
  • Déclaration de non-condamnation et de filiation du président.
  • Justificatif d’identité du président.
  • Le cas échéant : rapport du commissaire aux apports, autorisation d’exercice pour les activités réglementées.

Coût des frais de greffe : 37,45 € pour une SASU commerciale (à confirmer selon le barème 2026). Un dépôt sans erreur permet une immatriculation en 7 à 12 jours ouvrés. En cas de pièce manquante ou d’erreur, un « refus de dépôt » suspend le délai — vigilance sur la conformité du dossier.

Étape 5 — Recevoir le Kbis et lancer l’activité

Une fois l’immatriculation validée, le greffe attribue un numéro SIREN, un numéro SIRET et le fameux extrait Kbis — véritable carte d’identité de la société, exigé par tous les partenaires (banque, assurance, clients grands comptes). L’INSEE attribue un code APE selon l’activité déclarée.

Reste à ouvrir un compte bancaire professionnel définitif (transfert des fonds du compte de formation), souscrire les assurances obligatoires (responsabilité civile professionnelle, éventuellement décennale, prévoyance dirigeant), et déclarer les premiers salariés ou prestataires si nécessaire.

Le coût réel de la création

Contrairement à ce que suggèrent certaines plateformes, la création d’une SASU va au-delà des simples frais légaux. Un chiffrage réaliste :

PosteFourchette (€)Commentaire
Rédaction des statuts0 à 1 500Modèle gratuit à accompagnement avocat
Dépôt du capital0 à 50Gratuit en néobanque, frais légers en banque
Annonce légale138Tarif forfaitaire national
Frais de greffe37,45Barème INPI 2026
Registre des bénéficiaires effectifsinclusDepuis la réforme du guichet unique
Domiciliation (si non domicilié)15 à 100 / moisDomiciliation commerciale
Accompagnement (plateforme, expert-comptable, avocat)150 à 1 500Selon le prestataire
Total réel constaté250 à 3 000 €En moyenne 400 à 800 €

À ces coûts s’ajoutent, en année 1 : la comptabilité annuelle (1 200 à 3 000 €), la CFE (variable selon la commune, exonération la première année), les assurances professionnelles (300 à 2 000 € selon l’activité).

Le régime social et fiscal du président

Deux points structurants distinguent la SASU des autres statuts.

Régime social : assimilé-salarié

Le président de SASU relève du régime général de la Sécurité sociale. Il perçoit une rémunération soumise aux cotisations salariales et patronales, avec un bulletin de paie mensuel. La protection sociale est celle d’un salarié classique — hors assurance chômage.

Les charges sociales cumulées représentent environ 82 % du salaire brut (soit environ 45 % en charges patronales et 22 % en charges salariales, avec un ratio brut/net d’environ 55 %). Un salaire net de 2 000 € coûte à la société environ 3 600 € en charges cumulées. Notre article dédié au statut et à la rémunération du président de SASU détaille l’arbitrage salaire/dividendes, les seuils de validation des trimestres et la protection sociale complète.

Avantage souvent négligé : en l’absence de rémunération, le président ne cotise pas — mais il ne cotise pas non plus pour sa retraite. En pratique, la plupart des présidents se versent un salaire minimum pour valider des trimestres et compléter par des dividendes.

Régime fiscal : IS par défaut

La SASU est soumise à l’impôt sur les sociétés (IS) : 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice (taux réduit pour les PME sous conditions), 25 % au-delà. Une option pour l’imposition à l’IR est possible pendant 5 exercices consécutifs, sous conditions (SASU de moins de 5 ans, effectif < 50 salariés, CA < 10 M€, activité commerciale ou libérale).

L’IS présente deux atouts majeurs :

  • Optimisation salaire / dividendes — arbitrage possible entre rémunération et distribution, avec taxation des dividendes à la flat tax (PFU) de 30 % ou au barème progressif sur option.
  • Report des déficits — utilisation contre les bénéfices futurs, sans limitation de durée (dans certaines limites).

Le régime de la TVA suit celui de la SASU : régime réel simplifié ou normal selon le chiffre d’affaires. Toutes les modalités sont détaillées dans notre guide complet de la TVA en France : taux, calcul, déclaration.

Comparer la SASU aux alternatives

Le bon statut dépend du projet, du rythme d’activité et des besoins de protection sociale.

  • Micro-entreprise — beaucoup moins de charges et d’obligations, mais plafonds de CA limités (77 700 € en prestations de services, 188 700 € en vente). Pertinente pour tester une activité, pour un projet à faibles marges. Comparatif approfondi avec l’auto-entrepreneur et son guide complet, et arbitrage chiffré dans notre analyse SASU ou micro-entreprise — qui indique à partir de quel niveau de charges la société devient plus rentable.
  • EURL — équivalent unipersonnel de la SARL, dirigée par un gérant TNS (travailleur non salarié). Charges sociales inférieures (environ 45 %) mais protection sociale moindre (pas de bulletin de paie automatique, pas d’assurance chômage privée aussi facile à souscrire).
  • Entreprise individuelle — statut fiscal et social le plus simple depuis 2022 (séparation automatique du patrimoine), mais imposition à l’IR sur le résultat, pas d’optimisation salaire/dividendes.
  • SAS — identique à la SASU dès qu’un deuxième associé entre au capital. Aucune transformation nécessaire, simple cession d’actions. Nous avons dédié un comparatif complet aux différences entre SASU et SAS pour arbitrer selon votre calendrier.

Le choix se joue souvent sur trois critères : la protection sociale souhaitée (préférence au régime général → SASU/SAS), la présence d’associés à moyen terme (SASU si oui, EI/EURL si non), l’anticipation d’une levée de fonds (SASU/SAS clairement).

Les 5 pièges à éviter

Cinq erreurs récurrentes fragilisent les créations de SASU :

  1. Copier-coller des statuts inadaptés — un modèle générique ne prend pas en compte les spécificités de l’activité (clause d’agrément absente, objet social flou, siège trop rigide).
  2. Sous-capitaliser — un capital d’1 € rend difficile l’ouverture d’un compte, décourage les fournisseurs et fragilise la crédibilité de l’entreprise.
  3. Oublier la déclaration des bénéficiaires effectifs — obligation intégrée au guichet unique, sanctions possibles en cas d’omission (jusqu’à 7 500 € d’amende).
  4. Domicilier chez soi sans autorisation — le bail d’habitation doit permettre l’activité, ou une autorisation formelle du propriétaire est requise.
  5. Négliger la partie fiscale et sociale — arbitrage rémunération/dividendes, choix du régime TVA, protection prévoyance : autant de décisions à sécuriser en amont plutôt que de subir après.

Un accompagnement en amont (avocat, expert-comptable, conseil) évite ces écueils. Le coût est marginal comparé aux corrections ultérieures.

Après la création : les premiers mois

Les 90 premiers jours de vie d’une SASU concentrent l’essentiel des démarches complémentaires :

  • Ouverture définitive du compte bancaire professionnel et transfert des fonds.
  • Souscription des assurances (RC pro, prévoyance dirigeant, mutuelle, éventuellement décennale ou garantie multirisque locaux).
  • Choix et mise en place d’une solution de comptabilité — logiciel autonome ou expert-comptable en ligne.
  • Déclarations sociales pour le président (DPAE, affiliation URSSAF assimilé-salarié via la DSN).
  • Immatriculation à la TVA si dépassement de la franchise en base.
  • Mise en place de la facturation électronique — devenue obligatoire pour toutes les entreprises assujetties à la TVA à horizon 2026-2027 selon le calendrier de généralisation.

Un rythme régulier (mensuel ou trimestriel) de production des comptes et de suivi de trésorerie évite les mauvaises surprises fiscales et sociales au premier bilan.

Questions fréquentes

Combien coûte réellement la création d’une SASU en 2026 ?
Comptez entre 250 et 800 € pour un dossier standard : 138 € d’annonce légale, 37,45 € de frais de greffe, 100 à 400 € pour la rédaction des statuts via une plateforme spécialisée, plus les frais annexes (dépôt de capital, domiciliation). Un accompagnement complet par avocat ou expert-comptable porte le budget à 1 000 - 3 000 €.

Peut-on créer une SASU seul et sans expert-comptable ?
Oui, la création elle-même peut être réalisée seule via le guichet unique de l’INPI. En revanche, la gestion comptable annuelle (bilan, liasse fiscale, approbation des comptes) est complexe et nécessite quasi obligatoirement un expert-comptable, sauf compétences comptables avancées.

Quel est le capital social minimum d’une SASU ?
Le capital minimum légal est de 1 euro. En pratique, un capital de 500 à 5 000 € est recommandé pour renforcer la crédibilité auprès des banques, fournisseurs et partenaires. Au moins 50 % du capital numéraire doit être libéré à la création.

Le président d’une SASU peut-il toucher le chômage ?
Non, le président de SASU assimilé-salarié ne cotise pas à l’assurance chômage. Il peut souscrire une garantie sociale du chef d’entreprise (GSC) ou un contrat privé équivalent pour se couvrir, avec des cotisations autour de 3 à 5 % du revenu.

Combien de temps faut-il pour créer une SASU ?
Compter 2 à 4 semaines entre la décision et la réception du Kbis. Les délais se répartissent ainsi : 1 à 3 jours pour le dépôt du capital, 1 jour pour l’annonce légale, 7 à 12 jours ouvrés pour le traitement de l’immatriculation par le greffe via le guichet unique.


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Cet article est fourni à titre d’information générale et ne constitue pas un conseil personnalisé. Chaque situation étant spécifique, consultez un conseiller avant toute décision.

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