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Plafonds auto-entrepreneur 2026 : seuils de CA et conséquences

Plafonds auto-entrepreneur 2026 : seuils de CA et conséquences

Les plafonds de chiffre d’affaires d’un auto-entrepreneur en 2026 s’établissent à 188 700 € HT annuels pour la vente de marchandises et à 77 700 € HT pour les prestations de services (BIC et BNC). Un dépassement ne fait pas sortir immédiatement du régime : la micro-entreprise s’applique encore l’année du dépassement et l’année suivante, sous conditions.

Ce sont ces deux chiffres qui déterminent l’accès et le maintien du régime micro. Ils sont distincts — c’est un point de confusion permanent — des seuils de franchise en base de TVA, bien plus bas. Voici comment lire les deux barèmes, ce qui se passe en cas de dépassement, et à quel moment anticiper une bascule.

Les plafonds de CA en 2026

Le régime de la micro-entreprise reste applicable tant que le chiffre d’affaires encaissé sur l’année civile ne dépasse pas les seuils suivants :

Nature de l’activitéPlafond CA HT annuel 2026
Vente de biens, restauration à emporter, hébergement (hors location meublée classée)188 700 €
Prestations de services relevant des BIC (artisanales, commerciales)77 700 €
Professions libérales relevant des BNC (régime général)77 700 €

Trois précisions techniques comptent :

  • Le CA retenu est le CA encaissé, pas le CA facturé. Une facture émise en décembre et payée en janvier bascule sur l’exercice suivant — c’est un levier de lissage utile en fin d’année.
  • Le CA est HT pour ceux qui facturent la TVA (au-dessus du seuil de franchise) et considéré hors TVA pour ceux qui restent en franchise.
  • Les plafonds sont proratisés la première année d’activité en fonction du nombre de jours effectifs (voir la section « Début d’activité »).

Ne pas confondre : plafonds micro et seuils de franchise TVA

C’est l’erreur la plus fréquente. En 2026, il faut suivre deux barèmes en parallèle, pas un seul :

BarèmeVente / hébergementServices BIC/BNC
Plafond du régime micro (sortie du statut)188 700 €77 700 €
Seuil de franchise en base de TVA — seuil de base~85 000 €~37 500 €
Seuil de franchise en base de TVA — seuil majoré~93 500 €~41 250 €

Ce que cela veut dire concrètement :

  • Vous pouvez rester en micro-entreprise tout en facturant de la TVA. C’est même le cas dès qu’on franchit le seuil majoré de franchise, ce qui arrive bien avant les 77 700 € ou 188 700 €.
  • À l’inverse, dépasser le plafond du régime micro sans avoir touché aux seuils TVA n’est pas possible : le seuil TVA est franchi bien avant.
  • Un consultant qui facture 45 000 € HT est toujours en micro (loin des 77 700 €), mais il doit avoir basculé en TVA (au-dessus des 41 250 € majorés) et facturer TTC à ses clients.

Notre guide dédié à la franchise en base de TVA détaille les mentions à faire figurer sur les factures et la procédure de sortie de franchise. Pour un cadrage propre au régime micro, l’article TVA et auto-entrepreneur reprend seuils, options et bascule effective.

Ce qui se passe en cas de dépassement du plafond micro

Un franchissement ponctuel ne fait pas sortir immédiatement du régime. La règle est claire et volontairement souple :

  1. Année N (année du dépassement) : le régime micro s’applique jusqu’au 31 décembre, quelle que soit l’amplitude du dépassement.
  2. Année N+1 : le régime micro s’applique encore, comme une année de tolérance.
  3. Année N+2 : sortie automatique du régime au 1er janvier, sauf si le CA de N+1 est redescendu sous le plafond.

Autrement dit : deux années consécutives au-dessus du plafond font basculer au régime réel au 1er janvier de la troisième. Un dépassement isolé, suivi d’un retour sous le seuil, n’entraîne rien.

Exemple concret. Un consultant BNC réalise 82 000 € HT en 2026, puis 74 000 € en 2027 : il reste en micro sans discontinuité. S’il fait 82 000 € en 2026 puis 90 000 € en 2027, il sort du régime au 1er janvier 2028 et bascule en déclaration contrôlée (BNC réel) ou passe en société.

À noter que la sortie du régime de franchise TVA, elle, est nettement plus brutale : dès le franchissement du seuil majoré, la TVA devient exigible dès le 1er jour du mois de dépassement, sans année de tolérance.

Cas particuliers à connaître

Activités mixtes (vente + services)

Un auto-entrepreneur qui exerce à la fois une activité de vente et une activité de service est soumis à deux plafonds cumulatifs :

  • Le CA global ne doit pas dépasser 188 700 €.
  • La part services ne doit pas dépasser 77 700 €.

Exemple : un artisan qui vend du matériel (100 000 €) et facture ses interventions (50 000 €) reste dans les clous — les deux conditions sont respectées. En revanche, si les services montent à 80 000 €, le régime tombe même si le CA global reste sous 188 700 €.

Début d’activité en cours d’année

Les plafonds sont proratisés la première année, à la journée près. Un consultant qui démarre le 1er octobre est soumis à un plafond de :

77 700 € × (92 jours / 365 jours) = environ 19 600 € sur les trois derniers mois de l’année civile.

Ce prorata ne concerne que la première année et uniquement pour le plafond du régime micro (pas pour les seuils TVA). L’année suivante, le plafond redevient pleinement 77 700 € ou 188 700 €.

Le cumul avec un statut principal

Un salarié qui exerce en parallèle en micro-entreprise dispose des mêmes plafonds qu’un indépendant à temps plein. Le CA de la micro n’est pas affecté par le salaire principal — les deux cadres sont totalement étanches sur le plan des seuils. Seules les cotisations sociales sont indépendantes (double affiliation).

Que se passe-t-il quand on sort du régime micro

La sortie du régime micro entraîne le passage au régime réel en tant qu’entreprise individuelle (EI), ou l’obligation de basculer en société (SASU, EURL, SAS, SARL). Concrètement :

  • Comptabilité complète : tenue d’un journal, d’un grand livre, d’un bilan et d’un compte de résultat annuels. Ce n’est plus tenable sans un logiciel de comptabilité ou un expert-comptable.
  • Fiscalité au réel : les charges réelles sont enfin déductibles (loyer pro, matériel amortissable, sous-traitance, frais de déplacement, cotisations facultatives). Fini l’abattement forfaitaire.
  • Cotisations sociales sur le bénéfice réel, plus sur le CA. La logique s’inverse — c’est structurant pour les activités à faibles marges.
  • TVA de plein droit avec obligations déclaratives selon le régime choisi (réel simplifié ou réel normal).
  • Nouveaux plafonds pour la franchise en base de TVA qui deviennent en général sans objet, l’entreprise étant assujettie de fait.

Cette bascule mérite d’être anticipée 6 à 12 mois avant le dépassement. Elle ouvre parfois l’occasion opportune d’un changement de statut juridique vers une SASU ou une EURL, notamment si l’activité génère des dividendes ou si l’on cherche à s’associer.

Anticiper avant d’y être contraint

Trois signaux invitent à ne pas attendre le franchissement pour changer de cadre :

  • Charges réelles élevées : dès que les charges dépassent l’abattement forfaitaire (30 % pour les BNC, 50 % pour les BIC service, 71 % pour la vente), le régime micro devient fiscalement défavorable — même largement sous le plafond.
  • Investissement à prévoir : matériel, véhicule, aménagement de local. Le régime micro ne permet aucun amortissement, ce qui pénalise mécaniquement la rentabilité fiscale d’un investissement lourd.
  • Recrutement envisagé : embaucher en micro est légalement possible mais absurde économiquement — les salaires ne sont pas déductibles alors qu’ils constituent la charge principale d’un employeur.

Une simulation comparée sur un exercice suffit en général à trancher. Pour un cadrage complet, consultez notre guide sur comment créer son entreprise en France et notre comparateur des statuts juridiques qui met à plat SASU, EURL, EI et SAS. Notre article micro-entreprise : avantages et limites chiffre les cas où le régime cesse d’être rentable.

Questions fréquentes

Quels sont les plafonds auto-entrepreneur en 2026 ? 188 700 € HT annuels pour la vente de biens et les activités d’hébergement, 77 700 € HT pour les prestations de services (BIC et BNC).

Que se passe-t-il si je dépasse mon plafond une seule année ? Rien d’immédiat. Le régime micro s’applique l’année du dépassement et l’année suivante. La sortie n’intervient qu’au 1er janvier de la deuxième année suivant le premier dépassement, et uniquement si le CA reste au-dessus du plafond.

Le plafond auto-entrepreneur est-il calculé en HT ou en TTC ? En HT. Pour un auto-entrepreneur en franchise de TVA, le CA facturé est de facto un CA HT (aucune TVA collectée). Pour un auto-entrepreneur ayant basculé en TVA, seul le montant hors taxes est retenu pour l’appréciation du seuil micro.

Peut-on rester en micro-entreprise tout en facturant la TVA ? Oui. Les seuils de franchise TVA (85 000 € / 37 500 €) sont bien inférieurs aux plafonds micro (188 700 € / 77 700 €). Beaucoup d’auto-entrepreneurs facturent de la TVA tout en restant dans le régime micro.

Les plafonds sont-ils proratisés la première année ? Oui, uniquement la première année et uniquement pour le plafond du régime micro. Le calcul se fait à la journée près à partir de la date de début d’activité déclarée.

Comment déclarer un dépassement de plafond ? Aucune déclaration spécifique. La sortie du régime s’opère automatiquement à partir de la déclaration URSSAF suivant l’année de bascule. Notre mode d’emploi de la déclaration URSSAF détaille les étapes concrètes.


Pour élargir la vue d’ensemble, consultez notre guide complet de l’auto-entrepreneur 2026 — statut, cotisations, TVA, déclarations, arbitrages — ou explorez toutes nos ressources dans la rubrique Entreprise.

Vous approchez d’un plafond micro ou d’un seuil TVA et vous vous demandez s’il vaut mieux basculer en société ou rester en EI au réel ? L’équipe Natco Consulting accompagne dirigeants et indépendants sur ces arbitrages structurants. Posez votre question à un expert.

Cet article est fourni à titre d’information générale et ne constitue pas un conseil personnalisé. Chaque situation étant spécifique, consultez un conseiller avant toute décision.

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